MA PHILOSOPHIE DU LIVRE
D'aucuns pourraient se demander quel intérêt supérieur me pousse à parcourir dans une sorte d'enthousiasme permanent, la Normandie de village en village avec ma petite librairie ambulante, souvent en compagnie de mon âne Platon.
Bien que sachant que l'argent est le pivot de beaucoup d'actions humaines, je voudrais préciser qu'il n'intervient en rien et d'aucune façon dans mes motivations profondes. Vendre sur les places publiques est un acte de foi, ne souriez pas, une action incomparablement plus importante qu'un simple geste commercial, que la politique du tiroir-caisse ou qu'une technique de vente reposant sur une certaine combativité, car je suis persuadé que l'on fait tout avec l'argent, excepté le plus important, c'est-à-dire les hommes. En rencontrant mes lecteurs sur place, nous créons par l'échange, un forum d'idées, d'opinions et de connaissances. Le livre est le symbole de l'univers et du partage, et par extension, sa manifestation.Fermé, il est matière vierge, ouvert, il est fécondé. C'est ma propre définition.
J'offre aux autres mes mots, mes pensées, voire mes idées, mais garde par devers-moi ce qui m'est unique, essentiel, et n'appartient qu'à l'auteur, à savoir son style. En contrepartie, bien après le rangement de ma petite librairie, à l'heure où la place publique ne sonne que le vide, résonnent encore longtemps dans ma tête, les rires, les sourires et les plaisirs, de ceux et celles que j'ai rencontrés.
C'est ce que je crois, et c'est ainsi que je suis.