JE VOULAIS ETRE UN "GRANTECRIVAIN"
Dans mes délires éthyliques, je m'imaginais hissé sur un piédestal, devenenir l'unique porte-parole d'une force de proposition, pour les laissés-pour- compte, une voix pour les sans-voix. A ces rares moments d'euphorie, succédaient de longues crises d'inertie seulement remplies par la consommation d'alcools forts annihilant complètement toute vélléité créative. Le seul modeste levain littéraire que je portais en moi n'enfantait pas le moindre mot.
Sans cesse, j'ai pourtant tenté de traduire écritement mon ressenti, mes réflexions et mes aspirations que je réussissais parfois à narrer ou à évoquer oralement. Quelquefois, entre deux crises, mon cerveau parvenait par une sorte d'alchimie inespérée à aligner deux phrases sur mon cahier d'écolier
.Cependant, pour détruire une persistante croyance prétendant que l'alcool facilite la créativité, je dois avouer mon embarras, car ce n'est nullement le cas, bien au contraire, puisqu'il a gâché et désahabillé tous mes projets. Néanmoins, pour les malheureux, c'est le dernier recours, un joker, une sorte de fatale soupape sociale. L'éthylisme c'est l'abandon de la vie, à peine une piètre doublure de la survie, un état de confusion en augmentation et d'énergie en diminution..
. LA SUITE DANS "UN CAFE ET L'ADDITION". Robert Bruce UN CAFE ET L'ADDITION